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Le slam, c’est quoi… pour vrai?

  • Photo du rédacteur: Élémo
    Élémo
  • 21 janv.
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 22 janv.


On me pose souvent cette question. Et presque toujours, elle est suivie d’une autre phrase du genre: « moi, je ne suis pas bon avec les rimes » ou « je suis trop gêné ». Comme si le slam était réservé à certaines personnes à l’aise sur scène, capables de projeter leur voix ou de jongler avec des rimes complexes.


J’ai envie ici de clarifier les choses. De parler du slam simplement, sans clichés, sans intimidation, et surtout sans fausses croyances.



D’abord, ce que le slam n’est pas

Le slam n’est pas une obligation de rimer. Ce n'est pas du rap non plus. Ce n’est pas crier pour être intense, ni parler vite pour impressionner. Ce n’est pas être constamment en colère ou vouloir démontrer qu’on est bon en français. Le slam n’est pas une démonstration de performance ni un concours de virtuosité.


Si tu penses que le slam est réservé à une élite ou à des artistes surentraînés, je te le dis tout de suite: c’est faux.



Alors, le slam, c’est quoi?

À la base, le slam, c’est une parole vivante. Un texte écrit pour être dit, où la poésie vient habiller un point de vue assumé, porté par une voix, un corps et une présence. Mais le slam, ce n’est pas seulement une intention artistique. C’est aussi un mouvement né d’un contexte précis.


Le slam tel qu’on le connaît aujourd’hui apparaît à la fin des années 1980, à Chicago, sous l’impulsion de Marc Smith. À l’époque, il fréquente des soirées de poésie qu’il juge trop élitistes, trop longues, parfois même ennuyeuses pour le public. Son idée est simple: ramener la poésie à quelque chose de vivant, d’accessible, de dynamique. Il crée alors des soirées où la poésie est performée devant un public, dans un cadre ludique et compétitif, afin de briser la distance entre les poètes et les gens dans la salle.


Le mot “slam” n’est pas choisi au hasard. Il fait d’abord référence à l’idée de tournoi, comme dans un “Grand Slam” au tennis. On parle donc de “Poetry Slam” comme d’un véritable tournoi de poésie. Les textes s’affrontent, les poètes montent sur scène à tour de rôle, et le public devient partie prenante de l’événement. Certains associent aussi le mot “slam” à une onomatopée, à quelque chose qui claque, qui frappe, qui arrive avec impact. Une parole poétique qui ne glisse pas doucement, mais qui arrive avec force.


Dans sa forme "compétitive", le slam obéit à des règles simples, mais strictes. Chaque participant ou participante dispose d’un maximum de trois minutes pour présenter son texte. Il n’y a pas de musique, pas d’accessoires, pas de costumes. La voix et le corps sont les seuls outils autorisés. Contrairement à ce que plusieurs pensent, la musique n’a pas sa place dans les compétitions de slam. Tout repose sur la parole et la présence scénique.


Le jugement est assuré par un jury composé de cinq personnes choisies au hasard dans le public. Ce sont donc des gens ordinaires, pas des spécialistes de poésie. Le but n’est pas de couronner “le meilleur poème” selon des critères académiques, mais de mesurer l’impact d’une performance sur un public réel, ici et maintenant. Le slam devient alors une poésie performative, ancrée dans l’instant, où la connexion avec la salle est essentielle.


Avec le temps, le slam a largement dépassé le cadre du tournoi. Il est aujourd’hui pratiqué sur scène, en spectacle, en musique, à l’école, dans des contextes sociaux et culturels très variés. Mais ses racines demeurent les mêmes: une poésie vivante, accessible, incarnée, qui cherche avant tout à créer un lien direct entre la parole et celles et ceux qui l’écoutent.



Les grandes formes de slam

Contrairement à ce qu’on pense, il n’existe pas un seul type de slam. Il existe plusieurs façons d’habiter la parole.


Le slam narratif, par exemple, repose sur le fait de raconter une histoire. Un souvenir, une scène précise, un moment vécu. On suit un fil, comme dans un court-métrage.


Le slam introspectif, lui, plonge davantage à l’intérieur. Il met des mots sur ce qui se vit en dedans, sur les émotions, les doutes, les questionnements.


Le slam engagé prend position. Il aborde des sujets sociaux, politiques ou humains. Il questionne, dérange parfois, et invite à réfléchir.


Il existe aussi des slams plus ciselés, où les rimes et les jeux de sonorités occupent une place importante. À l’opposé, on peut entendre des slams plus minimalistes, qui utilisent peu de mots, mais où chaque phrase est pesée et arrive avec justesse.


Ces formes peuvent se mélanger. Tu n’as pas à choisir une seule voie. Le slam te permet de naviguer librement entre toutes.



Faut-il rimer pour faire du slam?

Non.


Les rimes peuvent enrichir un texte, créer du rythme et jouer avec les sonorités. Elles peuvent être un outil intéressant, mais elles ne sont jamais une obligation.


Un slam sans rimes peut être profondément touchant. À l’inverse, un texte rempli de rimes parfaites peut rester complètement vide. Ce qui compte d’abord, ce n’est pas la technique. C’est ce que tu veux dire.



Pourquoi le slam touche autant?

Parce qu’il repose sur l’authenticité.


Quand une personne parle avec sincérité, quand sa parole est incarnée et assumée, le public le sent immédiatement. Ce qui touche, ce n’est pas la performance parfaite, mais la clarté du message, l’émotion présente et la capacité d’être là, simplement.

Le slam fonctionne quand on cesse de vouloir impressionner et qu’on accepte de dire les choses telles qu’elles sont.



Petit exercice pour comprendre le slam

Prends une feuille ou ton téléphone.


Pose-toi cette question: qu’est-ce que j’ai envie de dire, là, maintenant?


Écris ensuite quelques phrases, sans chercher à rimer, comme si tu parlais à quelqu’un de confiance.


Lis-les à voix haute. Si ça sonne vrai, si tu te reconnais dans ce que tu entends, alors tu viens déjà d’écrire un texte qui a beaucoup de potentiel pour un slam.



POUR CONCLURE

Le slam n’est pas une performance spectaculaire réservée à quelques initiés. C’est un échange, une rencontre. Une rencontre entre une parole et un public, entre un vécu et des oreilles attentives.


Si tu as quelque chose à dire et l’envie de le dire à ta façon, alors le slam est déjà pour toi.

Si cet article t’a éclairé, n’hésite pas à le partager à quelqu’un qui pense encore que le slam n’est pas fait pour lui ou pour elle, ou tout simplement sur ton réseau social favori! Merci, et à bientôt!


P. S. : Pour obtenir des conseils supplémentaires, assister à des ateliers de slam ou bénéficier d’un coaching personnalisé, n’hésite pas à t’inscrire à mon infolettre et à mes formations en ligne.



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ÉLÉMO
En tant que passionné d’art et de slam, j'ai créé ce blog dans le but de partager ma démarche et mon expérience, et aussi de donner de précieux conseils afin d’éveiller le slameur ou la slameuse qui sommeille en toi.

 
 
 

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